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Don Diego a eu la chance de pouvoir s’entretenir (à distance !) avec Toni Arraez, le chef d’orchestre de la Bodega du même nom installée dans la région de Valence. Une façon d’en savoir plus sur ce représentant de la nouvelle génération de viticulteurs espagnols.

Don Diego : Bonjour Toni, raconte nous un peu, qui es tu ? D’où viens tu ?
Toni Arraez : Je représente la troisième génération d’une famille de vignerons de La Font de la Figuera, une petite ville de l’intérieur de Valence (est de l’Espagne). Nous sommes à 90 km de la mer Méditerranée et j’ai toujours baigné dans l’univers du vin, une de mes passions parmi d’autres. Je suis une âme libre et j’ai toujours essayé de voyager et de profiter pleinement de la vie, d’en tirer des leçons et des enseignements de toutes les personnes que j’ai pu rencontrer.

DD : Ton premier souvenir de dégustation de vin ? Ta première émotion gustative ?
TA : Dès mon plus jeune âge, je me souviens être allé avec mon yayo, (grand-père) à la vigne. Il a commencé à m’apprendre à goûter les raisins et à pouvoir identifier s’ils étaient plus ou moins mûrs. L’après-midi je retournais à la bodega et au moment des vendanges j’essayais de donner un coup de main lors de la réception des raisins ou j’allais dans les chais avec mon grand-père et là il me laissait sentir les vins et aussi goûter un peu.

DD Explique-nous un peu les caractéristiques de la région de Valence en termes de sol et de climat…
TA : Nous sommes dans le sud de la province de Valence, à environ 80 km à vol d’oiseau de la côte méditerranéenne. C’est une très belle région appelée Terres dels Alforins qui est composée de trois communes dans deux Vallées alignées avec la mer. Le climat méditerranéen apporte humidité et fraîcheur et il y a aussi une grande influence du climat continental qui est plus sec. Les sols sont calcaires et pauvres en matière organique, ce qui est bon pour la culture de la vigne. Nous récoltons peu mais obtenons une qualité assez constante chaque année.

DD : L’art est très présent sur les étiquettes d’Arraez, est-ce quelque chose d’important pour toi ?
TA :  A mon avis, le métier de vigneron est un art. Je pense que nous sommes un peu des artistes car chaque année nous élaborons nos vins différemment, notamment parce que la météo fait mûrir le raisin selon son gré et c’est pourquoi chaque année est un défi. D’une certaine manière, nous ressemblons à un artiste face à une toile ou à un musicien lorsqu’il compose une chanson. Chaque année nous composons ou peignons chacun de nos vins. Ce sentiment qu’ont les artistes lorsqu’ils sortent ou présentent leur album, leur peinture ou leur sculpture est un peu le sentiment que nous ressentons lorsque nous mettons une nouvelle création sur le marché ou le nouveau millésime. Je me suis entouré de beaucoup d’artistes au sein de mon équipe et je ne peux que m’en vanter. Nous apportons chacun notre pierre à l’édifice et je pense que cela se reflète dans les étiquettes, dans la philosophie, dans le concept du projet et dans la façon dont nous transmettons l’univers du vin au public.

DD : Quel est ton prochain projet?
TA : La gamme de bières artisanales sur laquelle nous travaillons est le dernier projet que nous ayons lancé avec beaucoup d’enthousiasme. Le prochain projet, je pense, sera de rechercher l’équilibre, le confort et le bien-être de toute mon équipe et moi-même tant sur le plan personnel que professionnel après une année aussi difficile, nous en avons besoin.

DD : Outre les vins d’Arraez, quels sont tes vins préférés ou tes appellations de prédilection ?
TA : Je n’aime pas parler de vins préférés, mais c’est vrai que j’ai un faible pour certaines régions ou certains cépages. Un de mes cépages préférés est le Monastrell, je pense que c’est l’une des variétés à fort potentiel, qui a également été sous-évaluée depuis de nombreuses années et nous parvenons déjà à en faire de très grands vins internationalement reconnus. J’aime aussi beaucoup le cépage Alicante Bouschet, de la DO Alicante, où il y a de vieilles cultures de terres arides, qui produisent des vins aux fruits rouges super concentrés, presque compotés, presque noirs, avec une couleur très intense. Le cépage Bobal, dans la zone nord de l’intérieur de Valence, appellation d’origine Utiel Requena, bien qu’il soit aussi un cépage très sauvage et avec tant de personnalité, nous apprenons à produire des vins concentrés très mûrs et très expressifs. Bref, il se peut que ces trois cépages soient mes préférés.

DD : Le vin est forcément lié à la gastronomie, quel est ton plat coup de coeur ? Le chef que tu admires ?
TA : En tant que bon valencien, mon plat préféré est la paella ou un bon plat de riz face à la Méditerranée. J’aime aussi beaucoup cuisiner du poisson et des fruits de mer grillés. J’aime essayer toutes sortes de plats et surtout profiter de la gastronomie locale à chaque fois que je voyage. Un chef que j’admire est Paco du restaurant El Xato, dans une petite ville d’Alicante, c’est un restaurant familial de longue date qui a récemment reçu une étoile Michelin et c’est le chef que j’aime le plus car il a su préserver la tradition familiale et se réinventer. Il déclare que même s’il a une étoile Michelin, dans sa cuisine, il fait ce qu’il aime et ce qu’il veut, et c’est pourquoi il est mon préféré.

DD : Un mot pour les nombreux aficionados en France qui ont aimé tes vins et en particulier Parcela 0 ?
TA : Je suis heureux de savoir que Parcela 0 a tant plu chez nos voisins, car la France, comme l’Italie et l’Espagne, sont les pays avec la plus grande culture du vin et la plus grande richesse en termes de types de vins et de variétés. Je suis aussi particulièrement heureux car Parcela 0 est un vin élaboré principalement avec des cépages indigènes : grenache et mourvèdre qui apportent un caractère et une personnalité très forts mais aussi de l’élégance et de la finesse.

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